14 Mars 1879 : naissance d’Albert Einstein

Albert Einstein est né le 14 mars 1879 à Ulm, dans le Wurtemberg, et est mort le 18 avril 1955 à Princeton, dans le New Jersey. Il était un physicien théoricien. Il fut successivement allemand, apatride, suisse et de double nationalité helvético-américaine. En 1905, un dénommé Albert Einstein, âgé de vingt-six ans, publie en l’espace de quelques mois cinq articles qui remettent en cause les fondements de la physique. Retour sur cette année « miraculeuse » avec l’historien des sciences Christian Bracco.

Mais dans le domaine des sciences, 1905 fut carrément l’annus mirabilis de la physique ! Car c’est alors que se construisit à Berne, au calme, entre brevets, rêveries, soirées amicales, langes et babillages, un univers radicalement neuf que son auteur n’allait pas tarder à présenter à la face du monde. Au terme d’un cheminement dont l’inspiration et le déroulé précis demeurent en partie mystérieux, Albert Einstein, cet outsider qui n’appartenait ni au sérail universitaire ni à aucune académie officielle, rédigea cinq articles extraordinaires. Quatre d’entre eux déploient des idées littéralement révolutionnaires ou contiennent les ferments de théories nouvelles, “telles des fusées de repère qui, dans l’obscurité de la nuit, ont soudain jeté un éclair bref mais puissant sur une immense zone inconnue”, comme le dirait plus tard le physicien français Louis de Broglie.

Si les historiens spécialisés sont capables de reconstituer avec une grande précision les nappes d’espace-temps qui ont entouré ces jets de singularité, aucun ne parvient jamais à les saisir en eux-mêmes, ni la loi de continuité qui les relie secrètement, ni par quelle exacte série d’événements obscurs la production de cette œuvre fut amenée.

Pour autant, est-il légitime de parler de miracle lorsqu’il s’agit de décrire la genèse des idées scientifiques ? N’y a-t-il pas moyen, en fouillant dans les détails, d’un peu comprendre dans quel cadre elles sont apparues, de saisir le contexte qui les a portées et le déclic qui les a fait finalement surgir ? Le vrai génie est sans doute affaire de fulgurances autant que de patience : la clarté finale ne s’éveille qu’après de longs errements, d’indispensables détours, des monomanies apparemment infructueuses, à l’issue desquels, finalement, d’un seul coup ou presque, tout change.

Prélevé quelques heures après sa mort à 76 ans, le 18 avril 1955, et conservé dans le formol, le cerveau  d’Albert Einsteincontinue de fasciner. Certains veulent y découvrir le secret de l’intelligencemanifestement hors normes du grand physicien père de la théorie de la relativité. Tout le monde peut d’ailleurs s’atteler à la tâche puisque, pour 9,99 dollars, le National Museum of Health and Medicine de Chicago fournit l’Einstein Brain Atlas, une série d’images du cerveau d’Einstein à télécharger sur iPad.

Le cerveau conservé a en effet été disséqué par Thomas Harvey, puis découpé en 240 morceaux, inclus dans de la résine, dûment photographiés, chaque image étant répertoriée dans un document qui existe toujours. Ces blocs ont ensuite été découpés en tranches fines destinées à la microscopie optique et elles ont semble-t-il été ensuite dispersées dans des collections privées.

Dean Falk, un anthropologiste de l’université de Floride (qui avait planché sur le sujet en 2009), a travaillé, avec son équipe, sur 14 photographies inédites, venant de la collection personnelle de Thomas Harvey (mort en 2007) et les a comparées avec l’anatomie de 85 cerveaux anonymes, décrits dans la littérature. Scrutant l’anormal, traquant l’exception et pointant l’inhabituel, il a repéré une série de caractéristiques, publiées dans un long article dans la revue scientifique Brain.

Il retrouve les particularités déjà remarquées, au niveau du sillon latéral et du lobe pariétal (qui seraient associés à des compétences en mathématiques et en visualisation de l’espace), en contredit d’autres (le cerveau du grand homme ne serait pas sphérique par exemple) et en ajoute de nouvelles.

Le cortex préfrontal serait surdimensionné. Cette région du cerveau, à l’avant, étant censément le lieu des plus hautes réflexions, on comprend qu’on puisse établir un lien avec les capacités cognitives du physicien… L’étude décrit des sillons (des replis du cortex) qui seraient anormaux. Les circonvolutions seraient même exceptionnellement complexes et l’hémisphère gauche (celui du langage et du raisonnement analytique), en particulier, présenterait quelques anomalies structurelles. Par exemple, les régions sensorimotrices dédiées au visage et à la langue seraient « inhabituellement étendues dans l’hémisphère gauche ».

Les auteurs se gardent d’interpréter toutes ces observations et appellent à d’autres études, sur le cerveau d’Einstein et celui d’autres physiciens de renom, car le père de la relativité n’est pas le seul à avoir été immortalisé sous cette forme de relique scientifique. L’environnement familial d’Albert Einstein et son propre parcours ont bien sûr leur rôle. « Einstein a lui-même programmé son cerveau, résume Dean Falk, pour le magazine ScienceNowIl a eu le bon cerveau, au bon endroit et au bon moment… ».

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RÉFÉRENCES

Christian, B. (2017). Comment le Petit Albert devint-il le grand Einstein? CNRS Éditions.

Goudet, J. L. (2012). Le cerveau d’Einstein était exceptionnel. Futura-Sciences.

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LE SCIENTIFIQUE

LE SCIENTIFIQUE est la seule revue scientifique et socioprofessionnelle d'Haïti. Cette revue est fondée par Marc-Donald VINCENT (ingénieur agronome, technicien urbaniste, spécialiste de gestion de projets, étudiant en Maîtrise en Gestion de Projets à l'ISTEAH et domicilié en milieu rural à Milot, Nord, Haïti) et Marc-Méland VINCENT (étudiant en Sociologie à l'UEH au Campus Roi Henry Christophe de Limonade, domicilié au Cap-Haïtien, Nord, Haïti). Email : infos@lescientifique.com, Téléphone : +(509)46 30 76 23.