Gonaïves : Entre l’état pitoyable de la rivière Quinte et les dépotoirs des drains, des canaux

Les quatre cyclones majeurs (Jeanne en 2004, Gustave, Hannah et Ike en 2008) ont laissé et laissent encore un goût amer pour les résidents de la ville des Gonaïves. Des milliers de personnes ont perdu leur vie sans oublier également la destruction de nombreuses infrastructures qu’ils ont entrainé. Tous ceux-là se sont découlés du débordement de la rivière Quinte, du dépotoir des drains ainsi que des canaux. Onze ans après, la ville n’est pas encore sur une bonne pente. Les conditions environnementales sont toujours les mêmes.

D’entrée de jeu, il faut souligner,  la rivière Quinte draine les eaux provenant du bassin versant Ennery-Quinte. Sa rive gauche comporte la rivière d’Ennery, Bayonnais, Chevalier et sa rive droite : rivière La Branle, Tête-Source. Le point le plus élevé dudit bassin (1460 mètres d’altitude) est situé à 1.5 Km à l’Est du village de Seguin, 1ère Section communale de Platana, Commune de Saint-Michel de l’Attalaye.

Au moment des deux périodes cycloniques, l’inondation des Gonaïves résulte du débordement de ladite rivière. À Mapou Chevalier, l’eau avec un débit exceptionnel a monté le pont. Une partie de celle-ci a franchi la Route Nationale #1, charrie ce qu’elle a trouvé sur son parcours et l’autre partie a pris la direction du lit. À Pas kontre (point où la rivière en question rencontre celle de La Branle) un jumelage s’est fait : rive gauche/ rive droite. Alors, l’eau de la rivière a renforcé, continue d’emporter ce qu’elle rencontre sur son chemin jusqu’à ce qu’elle déverse en ville. Elle a provoqué la disparition des milliers de gens et des dégâts considérables : des routes, des ponts, des pylônes électriques, ainsi que des résidences privées, des édifices publics, des églises et des écoles. Par  ailleurs, il faut aussi noter l’ampleur de ces catastrophes a été augmentée vu les canaux de la ville et les deux principaux drains, Ceinture Biénac et ODPG, les canaux d’évacuation – en particulier le Mavignol qui se sont en piteux état.

Eh bien, à l’heure actuelle cette rivière est toujours dans un état déplorable. Elle n’est pas curée. Elle est bourrée d’alluvions. Depuis la commune citée ci-haut jusqu’à Pas kontre, toutes les berges ne sont pas encore protégées par des techniques de correction des ravines ou protection des berges (gabions). De plus, des arbres poussent dans les drains ainsi que dans les canaux. Ils deviennent des dépotoirs. À cet effet, les habitants devraient sortir de leur silence (de façon non-violente) question de demander aux autorités concernées de prendre en compte la situation de la rivière Quinte et celle des conduits à ciel ouvert, lesquelles ont laissé de mauvais souvenirs. Car la plupart d’entre eux versent toujours des larmes en raison d’un ou des proche(s) perdu (s) lors de ces 2 moments cycloniques.

En effet, les travaux à réaliser sont immenses, mais qu’ils prennent du temps pour apporter des réponses adéquates aux problèmes de ladite rivière pour que la ville ainsi que ses zones avoisinantes ne connaissent à nouveau des inondations dramatiques ou pour que les résidents, notamment ceux qui n’habitent des maisons à 2 ou 3 étages, cessent de dormir avec un œil ouvert durant les périodes cycloniques. Juste pour dire qu’ils savent en amont et en aval la situation est complexe. Tout peut basculer à n’importe quel moment. Sur ce, les autorités ces recommandations vous sont proposées :

– Faire curer la rive gauche et la rive droite de la rivière Quinte

– Reprofiler  la rivière / c’est-à-dire mettre des gabions sur les deux rives. Ces travaux permettront de réduire systématiquement les risques d’inondations causées par la crue de cette rivière.

– Effectuer mensuellement un état des lieux des drains et des canaux pour voir s’ils méritent d’être nettoyés. Curer-les si le besoin se fait sentir.  Ceci permettra une bonne évacuation des eaux de  crue vers l’exutoire.  

– Mettre sur pied une campagne d’éducation environnementale pour renforcer  l’éducation civique de la population afin qu’elle prenne conscience de ne pas exploiter cette rivière de  manière sauvage, de ne pas faire des drains et des canaux des lieux de dépotoirs.

— Rédiger un arrêté communal interdisant l’exploitation sauvage de la rivière Quinte. Tout contrevenant doit-être sanctionné par la loi.  

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Auteur : Jimmy Delisca, Ingénieur agronome, Éco-citoyen, infos@lescientifique.com

Marc-Donald VINCENT

Marc-Donald VINCENT est ingénieur agronome, technicien urbaniste, spécialiste de gestion de projets. Il fait un master en Gestion de projets à l'ISTEAH. Il vit en milieu rural à Milot, Nord, Haïti. Il est fondateur et administrateur de la revue LE SCIENTIFIQUE. Email : infos@lescientifique.com; Téléphone : +(509)46307623.

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