Haïti : fermeture des écoles et ouverture des prisons dans tout le pays

Comme Jean Pierre Boyer l’avait fait durant son règne de deux décennies alors qu’il gouvernait Haïti et la République Dominicaine, Jovenel Moïse quant à lui ne gouverne qu’Haïti, pourtant, les portes des écoles restent fermer depuis plus d’un mois. Paradoxalement, les portes des prisons s’ouvrent politiquement contre nombreux manifestants réclamant la démission du président actuel étant impliqué dans la corruption et la dilapidation des fonds publics de l’État bien avant qu’il a été président selon un rapport émis par une institution publique haïtienne connue sous le nom de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif. Ces milliers de manifestants qui gagnent presque chaque jour les rues de la capitale d’Haïti et de ses provinces n’entendent pas relâcher prise vu la situation misérable du pays et considérant le système désuet, décrié et corruptible.

Malgré la gravité de la crise amplifiée que connait actuellement le pays, le gouvernement démissionnaire liquidant les affaires courantes et le cabinet présidentiel ne se montrent pas conscients de la réalité et des foules monstrueuses dépassant un million qui investissent les rues en vue du départ sine qua non du président élu avec à peu près 600’000 votes. Selon l’un des conseillers du président qui ne prend pas au sérieux les revendications des manifestants, la population haïtienne n’est pas consciente de ses vrais ennemis. Pour ce conseiller, il y a quatre groupes dans les manifestations à savoir :

  1. le peuple qui est victime et manipulé par les stimulateurs de cette crise;
  2. les politiciens traditionnels qui resteront d’éternels perdants électoraux et qui veulent profiter de cette insurrection populaire pour se faire paraître;
  3. les vendeurs de drogues qui créent les conditions pour leur affaire illégale;
  4. les bourgeois qui exploitent le peuple et qui profitent de cette situation pour renouveler leur franchise douanière de quinze ans presque à terme et dénoncée par le président.

D’une part, les opinions du conseiller du président montrent clairement que le combat mené contre le président Jovenel Moïse est de taille vu l’implication des secteurs clés et importants du pays. Plus loin, si l’on croit le conseiller, il semblerait que la présidence ne gère presque rien si non que de prendre des arrêtés présidentiels. Toutefois, il faut mentionner que la Police Nationale d’Haïti à travers ses forces d’émeutes (UDMO, CIMO, etc) est dépassée par les événements considérant que bon nombre de dérives et de violences sont instamment commises par des agents spécialisés de la police nationale. En plus, des comportements de certains agents de la police nationale montrent leur partialité pour les partisans du pouvoir en dépit qu’ils commettent des exactions alors que de simples manifestants sont chassés et emprisonnés pour avoir manifesté pacifiquement ou peu violemment. Ce qui relève de la persécution politique et d’atteinte aux droits de manifester dans le pays.

Pendant ce temps, l’ouverture des écoles qui a été annoncée pour ce 9 Septembre 2019 n’est toujours pas effective dans tout le pays vu la pénurie de carburants, les manifestations, les émeutes et les grèves nationales. Le transport privé et en commun est paralysé à tous les niveaux dans le pays dont surtout sur les routes nationales. Pour faire face à cette inquiétante crise, le pouvoir actuel et ses partisans utilisent la répression policière et l’incarcération provisoire des manifestants dans des prisons. Par contre, des manifestants et civils sont parfois abattus ou torturés. Est-ce que l’opposition radicale acceptera de dialoguer avec le président actuel pour freiner la crise et pour permettre aux enfants de se rendre à l’école? Est-ce que le problème de carburants sera résolu? Est-ce que le gouvernement actuel et la police nationale arrêteront l’incarcération provisoire des manifestants dans des prisons civiles?

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Auteur : Marc-Donald VINCENT, ingénieur agronome, technicien urbaniste, spécialiste de gestion de projets, maîtrise en gestion de projets (en cours), infos@lescientifique.com, +(509) 46 30 76 23

Marc-Donald VINCENT

Marc-Donald VINCENT est ingénieur agronome, technicien urbaniste, spécialiste de gestion de projets. Il fait un master en Gestion de projets à l'ISTEAH. Il vit en milieu rural à Milot, Nord, Haïti. Il est fondateur et administrateur de la revue LE SCIENTIFIQUE. Email : infos@lescientifique.com; Téléphone : +(509)46307623.

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