HAITI – RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : 197 ans de la colonisation de la République Dominicaine par HAITI

HAITI – RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : 197 ans de la colonisation de la République Dominicaine par HAITI… 

Palais de la république dominicaine… 

L’occupation militaire dure 22 ans, jusqu’à la chute de Boyer, elle est généralement vue comme une période de brutalité, bien que la réalité soit plus complexe. Des expropriations de grands propriétaires fonciers se font à grande échelle et des réformes avortées pour exporter les produits agricoles, pour rendre obligatoire le service militaire, restreindre l’utilisation de l’espagnol et éliminer les coutumes traditionnelles telles que les combats de coqs.

Mais cela renforce finalement le sentiment national des Dominicains qui se démarquent des Haïtiens par leur langue, leur culture, leur religion et leurs coutumes. Cette période permet également la fin de l’esclavage dans la partie orientale de l’île.

La constitution d’Haïti interdit l’accès à la propriété de terres aux Blancs et les familles de propriétaires terriens sont expropriées par la force. La majorité d’entre eux partent pour les colonies espagnoles de Cuba et Porto Rico ou pour la Grande Colombie indépendante, généralement avec le soutien des fonctionnaires haïtiens qui sont devenus propriétaires de leurs terres. Les Haïtiens qui associaient l’Église catholique aux Français qui les avaient exploités avant l’indépendance, confisquent tous les biens de l’Église, tous les religieux étrangers sont déportés et les liens sont rompus avec le clergé.

L’Université de Saint-Domingue ferme par manque d’étudiants, de professeurs et de moyens.

Pour être reconnu diplomatiquement par la France, Haïti est contraint de payer une indemnisation de 150 millions de francs aux anciens colons français qui sera réduite par la suite à 90 millions de francs. En raison de cela, le pays nouvellement indépendant est obligé d’imposer des impôts dans la partie orientale de l’île. Puisque Haïti ne peut pas fournir des provisions adéquates à son armée, les forces d’occupation survivent en grande partie en confisquant de la nourriture sous la menace d’un pistolet.

Les tentatives de redistribution de la terre entrent en conflit avec le système de gestion des terres communales qui avait surgi avec l’économie agricole. Les nouveaux esclaves émancipés se voient obligés de produire, sous le Code rural de Boyer, à des fins commerciales. Dans les zones rurales, l’administration haïtienne était en général trop inefficace pour faire appliquer ses propres lois. À Saint-Domingue, les effets de l’occupation se font sentir le plus et marquent le départ du mouvement pour l’indépendance.

En 1838, Juan Pablo Duarte fonde une société secrète appelée La Trinitaria pour se libérer du joug haïtien. Avec ses futurs compagnons Matías Ramón Mella et Francisco del Rosario Sánchez, il parvient à donner son indépendance à la partie orientale de l’île. En 1843, ils s’associent avec un mouvement haïtien pour renverser Boyer. En raison de leur pensée révolutionnaire et leur lutte pour l’indépendance de la République dominicaine, le nouveau président d’Haïti, Charles Riviere-Hérard, envoie en exil et emprisonne les principaux membres de la Trinitaria.

Au même moment, Buenaventura Báez, un exportateur d’acajou et député à l’Assemblée nationale d’Haïti, négocie avec le consulat général de France l’établissement d’un protectorat français. Au cours d’une insurrection pour devancer Báez, les membres de La Trinitaria déclarent le 27 février 1844, l’indépendance de la République dominicaine avec le soutien des Pères de la Patrie, Ramón Matías Mella et Francisco del Rosario Sánchez, héros de la guerre d’indépendance, ainsi que Juan Pablo Duarte alors encore en exil. Mais les militaires conduits par le général Pedro Santana, prennent le pouvoir après la prise de Saint-Domingue. Malgré les attaques incessantes des Haïtiens, la République dominicaine est de nouveau indépendante.

Marc-Donald Vincent, infos@lescientifique.com
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LE SCIENTIFIQUE

LE SCIENTIFIQUE est la seule revue scientifique et socioprofessionnelle d'Haïti. Cette revue est fondée par Marc-Donald VINCENT (ingénieur agronome, technicien urbaniste, spécialiste de gestion de projets, étudiant en Maîtrise en Gestion de Projets à l'ISTEAH et domicilié en milieu rural à Milot, Nord, Haïti) et Marc-Méland VINCENT (étudiant en Sociologie à l'UEH au Campus Roi Henry Christophe de Limonade, domicilié au Cap-Haïtien, Nord, Haïti). Email : infos@lescientifique.com, Téléphone : +(509)46 30 76 23.

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