Les gays et lesbiennes sont vus comme des malades mentaux en Haïti

Selon l’ONU qui cite PSI-Haïti (2016), il y a 55000 hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes en Haïti. Alors que des pays reconnaissent le droit de se marier aux homosexuels et aux lesbiennes, dans les caraïbes, la culture haïtienne n’en pardonne pas cette pratique qui est perçue comme une atteinte à la dignité humaine et aux principes naturels. De l’extérieur, on croit que le mouvement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) est perçu comme immoral par les haïtiens en raison de l’instabilité politique du pays, de la prédominance de la religion catholique et de la pauvreté qui touche une grande partie de la population. Malgré peu de lois soient utilisées contre les personnes LGBT en Haïti, les homosexuels et lesbiennes trouvent encore peu de soutien du fait que la majorité des haïtiens perçoivent ce mouvement comme un produit de la sodomisation et parfois ils sont perçus comme des fous ou déviants sexuels animés des esprits sataniques.

Selon Ronald Larèche, ancien président de l’Assemblée Nationale « Haïti n’est pas encore prête à légaliser les pratiques homosexuelles ». Pour les chrétiens haïtiens, l’homosexualité est un péché contre-nature. Dans le secteur du vaudou haïtien, l’homosexualité est perçue comme un comportement qui relève de la malédiction du diable à des descendants humains ou certains de ces serviteurs mystiques. En ce sens, les faits montrent une part de vérité selon certains hougans (voyants) qui croient l’esprit mystique connu sous le nom de « Ti Jean » a une préférence pour les gays et lesbiennes.

Haïti n’est pas seule dans cette lutte contre l’homosexualité. La Russie par exemple déplore cette pratique jugée immorale. Par contre, des pays comme les États-Unis, la France, le Canada et d’autres pays d’Europe adoptent cette la loi de mariage pour tous. Selon l’histoire, en 1981, la France ne classe plus l’homosexualité parmi les maladies mentales (alors que l’OMS ne la retirera de sa liste qu’en mai 1993). En 1982, l’homosexualité est dépénalisée en France. La loi du 4 août 1982 met fin à l’interdiction des relations homosexuelles entre un adulte et un mineur de plus de quinze ans (mesure mise en place par le régime de Vichy en 1942). En mai 2013, la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels a été votée en France.

Quels sont les raisons qui expliquent la perception que les gays et lesbiennes seraient des malades mentaux?

D’entrée de jeu, il faut mentionner que cette perception que les gays et lesbiennes seraient des malades mentaux ne viennent d’Haïti. Des pays et des organismes mondiaux de la santé l’avaient cru aussi jusqu’à ce que des thèses confirment le contraire dans la plupart des cas. En Haïti, on perçoit la majoritairement les homosexuels et lesbiennes comme des malades mentaux du fait de leur affinité pour l’esprit vaudou (Ti Jean) qui les adoptent. Selon Culture France, dans le monde académique, les premiers travaux sur l’homosexualité sont pour l’essentiel des travaux psychiatriques. C’est dans les années 1880, qui coïncident avec l’essor de la psychiatrie dans les départements de médecine, que l’homosexualité s’installe en effet comme objet, sous le prisme d’une lecture presque toujours pathologisante. Richard van Krafft-Ebing poursuit les recherches sur les causes de l’homosexualité et publie en 1886 un ouvrage qui conservera une place de classique jusque tard dans le XXe siècle. Son approche achève de médicaliser l’homosexualité, présentée comme une perversion sexuelle congénitale. Pour Richard van Krafft-Ebing, cette pathologie serait même le signe de la dégénérescence de toute une lignée familiale. Dans la foulée de ses travaux, d’autres poursuivent leurs explorations de ce qu’on présente comme “le cerveau homosexuel” dans le but d’y distinguer une malformation du cortex ou encore de la moelle épinière.

D’abord, soyons clairs. Les chercheurs sont unanimes, il n’existe pas de gènes « homosexuel ». Les théories biologiques expliquent plutôt que l’homosexualité serait, entre autres, provoquée par une modification hormonale causée par un stress pendant la grossesse. Un choc subi par la future maman pourrait engendrer un léger déséquilibre hormonal chez l’embryon et ainsi modifier son orientation sexuelle. Le développement inhabituel de caractères masculins chez le foetus s’expliquerait par une trop grande variation d’androgène pendant la grossesse.

Les explications génétiques de l’homosexualité

Par ailleurs, des spécialistes mentionnent aussi quelques différences sur le bras chromosomique X transmis par les mères tandis que d’autres se penchent sur la disparité des différentes parties du cerveau touchées par l’orientation sexuelle.

Les explications environnementales

Au-delà des explications proposées par les biologistes, d’autres se penchent sur la façon dont la sexualité se construit. Selon les théoriciens sociaux, la sexualité est grandement influencée par l’environnement. Une expérience homosexuelle au cours de la période d’éveil à la sexualité, un père absent, une mère trop présente, etc. Toutes les hypothèses y passent pour essayer de comprendre l’origine acquise de l’homosexualité.

Certains mentionnent même qu’à trop vouloir plaire à un père froid et absent, un garçon voudra reproduire ce scénario auprès de la gent masculine une fois adulte. La femme d’orientation homosexuelle, quant à elle, aurait été marquée par l’image d’un homme trop intimidant. Son confort serait alors transposé auprès des femmes et ce besoin de sécurité aurait été sexualisé à la puberté.

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Auteur : Marc-Donald VINCENT, ingénieur agronome, spécialiste de gestion de projets, technicien urbaniste, infos@lescientifique.com, +(509) 46307623

Marc-Donald VINCENT

Marc-Donald VINCENT est ingénieur agronome, technicien urbaniste, spécialiste de gestion de projets. Il fait un master en Gestion de projets à l'ISTEAH. Il vit en milieu rural à Milot, Nord, Haïti. Il est fondateur et administrateur de la revue LE SCIENTIFIQUE. Email : infos@lescientifique.com; Téléphone : +(509)46307623.

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