Politique : Le parlement Haïtien, principal facteur de la pauvreté haïtienne

Le parlement Haïtien est le principal facteur de la pauvreté haïtienne :

Par : Marc-Donald VINCENT, mis à jour le 25 Février 2019

Pour mieux comprendre le fonctionnement d’Haïti, personne n’a besoin de mener de lourdes enquêtes. Car, dans ce pays, presque tout le monde connaît les causes de la faillite de l’État Haïtien, pourtant une fois arrivé au timon des affaires politiques du pays, ils oublient très vite les raisons pour lesqueles ils y étaient. Ce qui peut être expliqué en vertu des pots de vins et des intérêts mesquins particulièrs.

Dans ce sens, le Parlement Haïtien qui devrait contrôler l’exécutif (devant assurer la bonne marche des institutions) rentre plutôt dans une logique de corruption et ignore la bonne marche des autres institutions. C’est tellement vrai, les députés et sénateurs haïtiens deviennent des maires en guise de leur fonction de légiférer et de contrôler le pouvoir exécutif. Ce pouvoir législatif travaille en connivence avec les ministères pour détourner les fonds des collectivités territoriales et ceux alloués pour l’exécution de certains projets dans des circonscriptions. Ce qui perturbe les bases de la démocratie, car les maires et casecs n’y peuvent rien puisque les parlementaires contrôlent même leur salaire dans des communes. Les assemblées municipales, le conseil interdépartemental qui devraient être effectif comme l’avait promis SEM Jovenel Moïse est vite oublié, car les parlementaires aussi travaillaient là-dessus mais préfèrent de bloquer ces élections indirectes pour éviter la décentralisation du pays.

Si on analyse le coût du parlement, on verra que pour 117 députés pour l’exercice 2017-2018, le pays dépense 31 millions de gourdes par député.

Chacun des 29 sénateurs en fonction coûte au pays plus de 123 millions de gourdes.

Pour justifier l’implication du parlement haïtien dans la pauvreté haïtienne et l’ingérence, le sénateur Willot Joseph détaille le partage des institutions entre élus d’après Le Nouvelliste:

« C’est le sénateur Jean Renel Sénatus qui a recommandé le ministre des Sports. Aujourd’hui, il exige le départ du chef de l’État », dénonce Willot Joseph.

Soulignant que le sénateur Youri Latortue était à la tête de l’une des branches des manifestations du 13 février visant à obtenir le départ du chef de l’État qui est arrivé il y a deux ans au pouvoir, Willot Joseph a expliqué que le parti politique de son collègue, AAA, contrôle des organismes juteux.

« L’Office national d’assurance-vieillesse (ONA), principal fonds de pension du pays, est contrôlé par Youri Latortue et Cholzer Chancy, tous deux dirigeants du parti Ayiti an aksyon (AAA). La Caisse d’assistance sociale (CAS) est entre les mains du sénateur Gracia Delva, également membre de AAA », révèle le sénateur du Centre connu pour son franc parler au Parlement.

Willot Joseph confirme que le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), organisme public au budget de plusieurs dizaines de millions de dollars, est sous le contrôle des sénateurs Carl Murat Cantave et Onondieu Louis.

« Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle revient au sénateur Kedlaire Augustin », confie-t-il.

Le président de la Chambre basse, le député Gary Bodeau, et le sénateur Rony Célestin ne sont pas en reste. « Ils ont le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) », ajoute-t-il. Le BMPAD gère plus d’un milliard de dollars par an. En plus du monopole de l’importation des produits pétroliers, l’organisme public transforme pour le compte de l’État haïtien les aides reçus en nature en espèces.

Willot Joseph précise plus loin que le député de Delmas n’a pas que ça. « Le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS), l’ancien SMCRS, est entre ses mains », révèle le sénateur Joseph. Le SNGRS est chargé de la collecte des détritus sur tout le territoire national.

L’Autorité portuaire nationale (APN), la Société nationale des parcs industriels (SONAPI) et le ministère du Commerce et de l’Industrie sont respectivement en la possession des sénateurs Hervé Fourcand, Wanique Pierre et Saurel Jacynthe, selon le sénateur et membre du bureau du Sénat haïtien Willot Joseph.

Mais il n’y a pas que les parlementaires qui se partagent les institutions. Willot Joseph a pointé du doigt Reynold Deeb, des entreprises Bongù, et le sénateur Rony Célestin qui avaient la haute main sur l’Administration générale des douanes (AGD). « Ils ne l’ont plus, mais Rony Célestin garde le contrôle sur les postes de douane sur à frontière », souligne le sénateur Joseph.

C’est ce même Rony Célestin qui détient le contrat estimé à plus de 60 millions de dollars américains pour approvisionner l’État haïtien en mazout, a confié le parlementaire.

« Aujourd’hui, il ne faut pas rendre Jovenel Moïse responsable de tous les problèmes. Le Parlement a aussi sa part de responsabilité », précise Willot Joseph, laissant entendre qu’il avait sollicité la direction générale du ministère des Travaux publics, Transports et Communication (MTPTC) qu’il n’a malheureusement pas obtenue.

Certaines sources affirment cependant que le sénateur Joseph exerce une très grande influence au sein du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT). « Je suis sénateur de la République, je peux aller chercher un service dans une institution publique ou trouver un emploi dans une institution publique pour certaines personnes », répond le sénateur en signe de justification.

« En dépit de sa bonne foi, le président Jovenel Moïse a les mains liées à cause de ces voleurs qui accaparent toutes les institutions», a déclaré Willot Joseph dans une interview accordée à une autre station de radio sur le même sujet et dont l’extrait circule sur les réseaux sociaux. Le problème du pays, selon le parlementaire, ne saurait se réduire au président Jovenel Moïse.

C’est la première fois qu’un élu, sénateur de la République, détaille avec autant de noms la fâcheuse pratique en cours au sein de l’État haïtien qui consiste à placer des ministères ou des organismes publics sou le contrôle de particuliers, surtout des élus.

Cette pratique soustrait ces ministères et organismes à l’autorité du Premier ministre, des ministres et des conseils d’administration quand il en existe. Dans certains cas, même le président de la République ne fait qu’assister au dépeçage des biens publics, relate l’éditorialiste Le Nouvelliste.

Là encore, ces parlementaires reviennent encore pour piller les fonds du pays et rendre plus pauvres les pauvres haïtiens. Delà, quelle alternative pour Haïti avec des parlementaires sans qualification, ni compétence, ni patriotisme?? ?

Auteur: Marc-Donald VINCENT, infos@lescientifique.com

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LE SCIENTIFIQUE

LE SCIENTIFIQUE est la seule revue scientifique et socioprofessionnelle d'Haïti. Cette revue est fondée par Marc-Donald VINCENT (ingénieur agronome, technicien urbaniste, spécialiste de gestion de projets, étudiant en Maîtrise en Gestion de Projets à l'ISTEAH et domicilié en milieu rural à Milot, Nord, Haïti) et Marc-Méland VINCENT (étudiant en Sociologie à l'UEH au Campus Roi Henry Christophe de Limonade, domicilié au Cap-Haïtien, Nord, Haïti). Email : infos@lescientifique.com, Téléphone : +(509)46 30 76 23.

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